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Publié par imam Abdallah

Excellent témoignage d'une musulmane sur le voile

Excellent témoignage d'une musulmane sur le voile

Sur le foulard

A l'homme et à la femme incombent une obligation essentielle en islam ; celle de la pudeur. Cette pudeur s'exprime à travers plusieurs attitudes comme le regard, la parole, le comportement…. Elle se manifeste aussi à travers l'habillement, aussi la femme et les hommes ayant des attributs différents, cette obligation de pudeur se décline de manière différente pour chacun. L'habillement ne représente donc qu'une partie de cette notion plus large de pudeur. Et à l'intérieur de l'habillement, le foulard à son tour ne représente qu'une partie d'une tenue pour la femme correspondant à des vêtements discrets, amples, ne laissant apparaître que le visage, les mains et les pieds. Il serait donc plus juste de parler de "tenue conforme à la pudeur" à la place du foulard, mais pour des raisons de commodité et de bonne lecture, nous utiliserons aussi ce terme

A titre personnel j'ai fait choix de me conformer à cette tenue vestimentaire et donc au port du foulard, il y a dix ans, ce qui a été le fruit d'un long cheminement. Pour présenter mon parcours ; je suis née en France, y ai grandi et suis titulaire d'un DESS de Consultant en Ingénierie du Management. J'ai reçu comme beaucoup de jeunes de ma génération une éducation partagée entre la transmission de valeurs et de pratiques liées à notre religion et entre la volonté de "s'intégrer" de la part de nos parents. A la fois parce que l'islam m'attirait par toutes ces valeurs mais aussi mue par le besoin de me positionner par rapport à ces deux conceptions "intégration, modernisme" ou "pratique de l'islam" pouvant paraître antagonistes, je suis partie en quête d'une meilleure connaissance de cette religion sur laquelle on disait tout et son contraire. Ceci m'a permis à la fois de la redécouvrir et d'y adhérer avec encore plus de conviction. Cela m'a aussi permis de me conforter dans l'idée que modernisme, citoyenneté et islam ne sont pas incompatibles et m'aident jusqu'à maintenant à vivre ma citoyenneté, mon statut de femme, avec ma pratique de manière apaisée et harmonieuse. Quand j'ai donc choisi de me conformer à cette tenue vestimentaire c'est d'abord parce que j'ai souscrit au message du Coran en général et à la conception et au rôle de la femme, dont la tenue ne représente qu'un élément mais qui pour moi fait partie d'un tout corrélé.

Aussi, j'ai la conviction que le Coran est dans son intégralité la parole de Dieu, exempt de toute altération humaine. J'ai aussi la conviction que notre Créateur, qui nous aime, sait ce qu'il y a de mieux pour nous à l'échelle individuelle et collective. Dans le même Coran, il est spécifié sous forme impérative que les femmes doivent rabattre" leur voile sur leur poitrine" (Coran 24;31) ou "ramener sur elles leurs grands voiles"(Coran 33;59). Par conséquent quand ce même Dieu me demande de prier, de jeûner, de faire preuve de générosité, de justice, de miséricorde… bref, tout ce que je ne reconnais que comme bénéfique, j'essaie de m'y appliquer. De la même façon quand il m'enjoint de faire preuve de pudeur, notamment en cachant mes cheveux, je ne peux qu'adhérer en toute conviction à cela. Puisque ma religion je ne la choisis pas à la carte mais tel qu'IL l'a décrété. Et puisque le but de ma vie est d'adorer mon Seigneur de la meilleure des façons et d'obtenir son agrément, comme pour tout autre acte d'adoration, j'essaie de me conformer à cette prescription, même si elle n'est pas une finalité elle participe, comme d'autres, à l'atteindre. Je pourrais aussi dire qu'à ce verset s'ajoutent des hadiths (paroles du prophète rapportées), ainsi que la quasi-unanimité des savants abondant dans le sens d'une obligation concernant le voile. Je pourrais aussi signifier que l'unicité de Dieu impliquant l'unité du message divin, j'ai la conviction que cette prescription divine a été faite aux trois religions monothéistes et remonte donc bien avant l'époque assyrienne. Mais comme évoqué plus haut mon propos ici n'est pas de m'engager dans un débat théologique car ce n'est pas le seul élément à considérer pour expliquer cet attachement à cette tenue vestimentaire.

En effet, ma conviction personnelle qu'il s'agisse d'une obligation divine, le fait que cet acte soit en harmonie avec ma raison, mon cœur, ainsi que tous les bienfaits que je constate, contribuent tous ensemble à me conforter. Ma propre expérience me permettant de comparer ma vie avant et après avoir opté pour cette tenue, m'amène au constat que pour rien au monde je ne m'en séparerais et plus les années passent, plus je me sens confortée dans le choix que j'ai fait. Loin d'être un objet d'oppression, ce voile symbolise pour moi le voile de la libération, de l'émancipation et même d'une certaine façon de résistance par rapport à un ordre établi. En effet, en me conformant à la volonté divine je me libère de formes de soumission qui ne disent pas leur nom, existant dans nos sociétés comme le consumérisme à outrance, le culte du paraître, les dérives de la femme-objet… De plus le fait de vouloir être considérée pour mon être plutôt que mon paraître me pousse à me réformer régulièrement et passer plus de temps et d'énergie à développer des qualités intérieures comme ma morale, ma piété, mon savoir ou mon comportement par exemple. Enfin, si l'habit ne fait ni le moine ni la musulmane, le constat est que cependant l'habit m'aide à tendre vers cet idéal. Il agit comme un rappel ou un rempart permettant d'être plus vigilant et agir en conformité et harmonie avec la façon dont je suis vêtue. Je vois encore énormément de vertus à ce vêtement qui trouve toute sa place dans nos sociétés actuelles, mais tout ceci serait long à développer. Une fois cela dit, il est essentiel de rappeler que la piété et la valeur d'une personne ne se réduisent pas à longueur d'un tissu ou une apparence. Même si je considère le voile comme une prescription divine, je suis persuadée que d'autres obligations sont plus importantes. Il n'y a pas de hiérarchie de valeurs à établir entre femmes voilées ou non, ce jugement appartient à Dieu seul. Aussi, que la femme fasse le choix de le porter ou non, elle doit être aussi bien libre dans ses choix que respectée.

Concernant la liberté de choix justement, aux personnes s'opposant au foulard, j'aimerais attirer leur attention sur le fait qu'à l'heure où nous assistons à une aggravation des discriminations anti-musulmans dont les femmes sont les premières victimes, la sémantique utilisée peut revêtir son importance. En effet, quand on associe le mot "voile", à des termes ayant une connotation péjorative forte comme "oppression de la femme", "pratique païenne" ou "soumission" ce discours pourrait donner le sentiment d'infantiliser ou mépriser celles qui font le choix de le porter en même temps qu'il pourrait contribuer à légitimer un comportement arbitraire à leur égard. En effet la représentation qui est faite du foulard aujourd'hui en France a tellement façonné les esprits que l'on constate que la parole raciste s'est libérée et les agressions verbales et physiques augmentées. Le plus grave est que ces comportements qui auparavant étaient réservés à une certaine frange de la population se sont répandus, les personnes se sentant investies d'une mission civilisatrice et émancipatrice de ces pauvres femmes qui seraient manipulées et asservies. Il est d'ailleurs intéressant à ce titre de constater le paradoxe de certaines personnes souhaitant "dévoiler" ces femmes. Finalement, ils utilisent les mêmes procédés que ceux qu'ils accusent d'oppression, en décidant à la place des premières concernées ce qui serait bon pour elles, estimant qu'elles n'en seraient pas capables. Ils dévoient d'une certaine façon le féminisme pour l'utiliser contre celles qu'ils prétendent aider. Peut-on alors sur ces bases promouvoir une société du vivre-ensemble et en même temps ne pas en respecter les fondements les plus élémentaires ?

A travers le foulard c'est en réalité la question de l'égalité hommes-femmes qui inquiète. Puisqu'il a été et reste encore dans certains endroits un outil d'oppression, on a tendance à enfermer tous les foulards dans cette unique représentation. Or, aujourd'hui des millions de femmes, instruites, vivant dans des pays musulmans ou en occident réclament ce droit à porter le foulard. Ne peut-on donc pas considérer que l'émancipation d'une femme ne se mesure pas tant à son habillement, qu'à sa proclamation de signifier son bonheur et de vivre selon ses propres critères ? Ce n'est pas parce que ces femmes ne ressemblent pas à un modèle d'émancipation qui a d'ailleurs montré ses limites, qu'elles sont "en retard". Ne peut-on pas être ambitieux et envisager d'autres visions de la place de la femme et de l'homme au sein des sociétés contemporaines ?

Concernant nos modèles de sociétés, j'en profite pour développer cette idée qui pour moi s'inscrit tout à fait dans le thème de nos discussions lors du séminaire sur la violence. Nous parlions des jeunes en manques de repères qui sombraient dans l'extrémisme. Certains tentent de trouver des causes endogènes aux religions comme facteur. Même si une remise en question de nos interprétations des textes et nos pratiques sont indéniables, les causes ne sont-elles pas surtout à trouver dans le manque de religiosité ? La sécularisation, la dislocation de la famille, l'indifférenciation des sexes sous prétexte d'égalité ne sont-ils pas autant de facteurs ayant conduit à la perte de repères (de Dieu, de la famille, de l'altérité homme-femme) ayant eu pour effet de déstabiliser et d'affaiblir les hommes et les femmes ? Il n'est d'ailleurs pas anodin de s'en prendre à une des dernières certitudes qui faisait consensus qu'est l'altérité hommes-femmes, puisqu'elle est à la base de la structuration des individus et de sociétés équilibrées. En tant que porteurs de foi, nous pourrions démontrer que nos fondements religieux ne sont pas le problème mais la solution, notamment en repensant une société dans laquelle femmes et hommes retrouvent leur identité et leurs rôles, source de fortification à l'échelle individuelle et collective. Aussi, une des formes de résistance à ce dévoiement ne passerait-il pas aussi par l'habillement, en tant qu'affirmation de notre singularité ? Justement, le voile et la barbe comme marqueurs et remparts atemporels et universels ne seraient-ils pas d'autant d'actualité dans ce contexte ?….

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Nordine 15/07/2017 11:10

Bonjour,

votre message est très intéressant. Pourriez vous développer cette phrase svp qui me semble fondamentale : "notamment en repensant une société dans laquelle femmes et hommes retrouvent leur identité et leurs rôles, "

Quels sont , plus précisément , cette identité et ces rôles?

nassa 29/12/2014 15:16

Merci ma soeur , que Dieu vous pardonne et vous reserve une tres bonne place au paradis
Incha allah.
Merci
si toute les femmes etaient comme vous je crois que le monde se porterait mieux.car se sont les femmes qui sont a l'origine de certaine violence causé par notre façon de s'habiller.